Le podcast de notre co-fondatrice Pauline

Post-Pauline-Podcast-

Retrouvez l’Ă©change de Pauline Tessonneau et de Guillaume Commagnac concernant Hool 😍

Guillaume : Bonjour je m’appelle Guillaume Comagnac, je suis directeur associĂ© de Tracteur et derriĂšre le micro pour ce podcast. Ici, les start-up nous ouvrent leur porte, les entrepreneurs nous dĂ©voilent les coulisses de leur activitĂ©. 

Aujourd’hui, je reçois Pauline Tessonneau, co-fondatrice de la sociĂ©tĂ© Hool qui permet de financer gratuitement des associations grĂące Ă  des cartes cadeaux solidaires. Ce concept de crowd giving, encore trop peu connu en France, Pauline l’a dĂ©couvert lorsqu’elle vivait au Canada avec son compagnon. 

D’ailleurs c’est Ă  deux qu’ils ont dĂ©cidĂ© de se lancer. Pauline nous partage les avantages que cela comporte ainsi que les bonnes pratiques qu’ils ont mis en place afin que le monde professionnel ne dĂ©borde pas trop dans leur vie personnelle, et vice versa. 

On parle aussi de la complexité et des défis de faire grandir une entreprise comme la leur, qui travaille à la croisée des chemins entre le monde associatif et celui des grandes entreprises.

Cet Ă©pisode comme tous les prĂ©cĂ©dents est rendu possible grĂące Ă  l’équipe Tracteur, un partenaire technique qui accompagne les start-up ayant besoin de dĂ©velopper leur projet numĂ©rique mais qui n’ont pas le souhait ou les moyens de bĂątir une Ă©quipe en interne dans leur phase de dĂ©marrage. 

Place maintenant Ă  l’épisode, je vous souhaite une bonne Ă©coute.

Guillaume : Bonjour Ă  tous, Bonjour Pauline

Pauline : Bonjour

Guillaume : Je suis ravie d’ĂȘtre ici, Ă  Saint-MĂ©dard-en-Jalles, il le faut le dire. On est en grande pĂ©riphĂ©rie de Bordeaux, ici, dans le choix d’incubateur de Technowest qui s’appelle Copernic, un des nombreux incubateurs de Technowest. Merci de m’accueillir. C’est lĂ  que vous avez vos bureaux. 

Aujourd’hui on va parler d’impact, d’associatif, on va parler de pas mal de sujets mais avant  qu’on rentre vraiment dans le dĂ©tail de tout ça. Je vais te poser la question que j’ai posĂ©e quasiment Ă  tous mes invitĂ©s Ă  chaque fois : est-ce que tu peux te prĂ©senter, nous dire qui tu es, d’oĂč tu viens.

Pauline : Bonjour Ă  tous, je suis Pauline et je suis co-fondatrice de Hool qui est une plateforme de chĂšques cadeaux solidaires. Entreprise que j’ai montĂ© avec mon conjoint qui s’appelle PiĂ©rig. Tous les deux, on a beaucoup vĂ©cu Ă  l’étranger. On a vĂ©cu 13 ans en expatriation. 

Moi j’ai fait une Ă©cole de commerce, lui, une Ă©cole d’ingĂ©nieur. On a des parcours assez classiques. On a travaillĂ© dans des grandes entreprises, ce qui nous a permis de voyager, de dĂ©couvrir beaucoup de cultures diffĂ©rentes puisqu’on a habitĂ© en Asie, au Maroc et au Canada. Hool, c’est un concept qui vient du Canada, qu’on a dĂ©couvert tous les deux parce qu’on a des enfants ensembles. C’était l’école de nos enfants qui nous a proposĂ© de financer un projet scolaire grĂące aux cartes cadeaux. Au dĂ©but on a dit waw, c’est super cool. Ils ont vraiment plein d’idĂ©es au Canada pour financer les associations, ils sont trĂšs trĂšs forts et plein d’imaginations quand il s’agit de lever des fonds, de collecter de l’argent et mettre Ă  contribution les personnes et trĂšs imaginatif. 

On a bien aimĂ© ce concept et Ă  la fois, on avait tous les deux cette soif d’entreprendre. On n’avait pas encore trouvĂ© l’idĂ©e, quelque chose qui faisait sens pour nous. Quand on a dĂ©couvert ce concept, on s’est dit allons-y, on va le lancer en France et on va rentrer en France. 

Et cela va ĂȘtre chouette de retrouver nos familles, de pouvoir se poser quelque part et de construire aussi autre chose qui est Ă  nous, que ce soit l’entreprise ou un projet familial. Et plus d’expatriation mĂȘme si on continue Ă  voyager, parce qu’on adore ça.

Guillaume : Merci pour cette premiĂšre prĂ©sentation, tu as dĂ©jĂ  dit beaucoup de choses, ça fait un peu un sommaire de tous les sujets qu’on va aborder. Tu as un peu fourchĂ© au moment oĂč tu as dit start-up/entreprise. Pour toi, Hool c’est une start-up, une entreprise, une entreprise Ă  mission, d’économie sociale et solidaire ?

Pauline :  Hool,  c’est une start-up parce qu’on est sur un modĂšle oĂč effectivement  le ROI (retour sur investissement) ne va pas se faire sur la premiĂšre annĂ©e. On est pas une boulangerie, ou Ă  la fin du mois, on arrive Ă  voir ce qu’on a gagnĂ©. 

Évidemment c’est une start-up, parce qu’ il faut avoir une vision sur 3-5 ans, vraiment se dire qu’est ce qu’on crĂ©e comme valeur, comment on crĂ©e de la valeur et qu’est -ce que cela va valoir dans 3 Ă  5 ans.

Mais c’est aussi pour nous, une entreprise parce qu’on on a une culture d’entreprise de grand groupe et de taille moyenne et on a envie de gĂ©rer comme une entreprise avec des salariĂ©s, de façon traditionnelle, et en bon pĂšre de famille, on est trĂšs attachĂ© Ă  ça.

Et on se mĂ©fie de la poudre au yeux, que ça peut Ă©voquer, le terme de start-up car nous on est vraiment attachĂ© Ă   regarder aujourd’hui qu’est-ce qu’on fait ? Est ce qu’on a dĂ©jĂ  de l’impact sur notre travail? Ce qu’on vend ça existe vraiment et c’est vraiment concret. 

On adore le milieu des start-up et on s’en inspire beaucoup mais on est aussi attachĂ©s au secteur plus traditionnel parce qu’on travaille avec des acteurs comme les associations qui fonctionnent de façon trĂšs classique.

Guillaume :  Associations, grandes marques, grands groupes aussi !

Pauline : Totalement, on a trois parties prenantes, qu’on identifie :

  • Les associations d’un cĂŽtĂ© qui sont une partie prenante, qu’on considĂšre et Ă  laquelle on s’adapte. 
  • Les partenaires qui sont les enseignes qu’on distribue sur la plateforme. Notre premier partenaire a Ă©tĂ© Carrefour, grand groupe, grosse boite, auquel on a dĂ» s’adapter.
  • Et maintenant, ce qu’on appelle nos clients B2B, qu’on considĂšre comme des grands comptes : qui sont des entreprises, des CSE. Un public auquel on s’adresse de façon totalement spĂ©cifique parce que les Ă©lus CSE, c’est un tout autre public.

Guillaume : Hyper clair , CSE pour les personnes qui n’ont pas le terme: CSE (comitĂ© social et Ă©conomique), on ne va pas laisser trop d’acronymes nous embĂȘter. Tu as dis ces diffĂ©rentes parties, tu as aussi dit le mot chĂšque cadeau solidaire : explique nous comment ça marche. On comprend ce qu’est une carte cadeau, on comprend le monde associatif. C’est quoi la magie de Hool?

Pauline : La magie, c’est un trait d’union. Il y a tout le secteur de la carte cadeau, qui est un secteur en plein essor, qui fonctionne assez bien. Un vrai atout pour les marques, car ça leur permet de fidĂ©liser, de mettre en avant leur marque. 

Nous on s’est dit autant essayer de rendre ce secteur assez lucratif et vertueux, de le rendre encore plus vertueux en distribuant notre marge.  En tant que revendeur de carte cadeau, on partage cette marge avec les associations. Le chĂšque cadeau solidaire est venu un tout petit peu aprĂšs dans notre raisonnement. On s’est dit, nous aussi on va faire un chĂšque cadeau qui est valable auprĂšs de toutes nos enseignes partenaires, qui ont acceptĂ© de travailler avec nous et qui ont une sensibilitĂ© solidaire ou mĂ©cĂ©nat. 

Notre chĂšque cadeau qui va ĂȘtre le chĂšque culture aussi est solidaire. Au sens oĂč , chaque personne qui reçoit un chĂšque cadeau Hool va pouvoir choisir la marque qui lui fait plaisir : Fnac, Cultura, Decathlon , Ă  la fin de sa commande, il va pouvoir se voir attribuer un don de 3% de la valeur de sa commande, que HOOL fait et pouvoir choisir une association qu’il souhaite soutenir. Chaque bĂ©nĂ©ficiaire choisit l’association qu’il soutient. 

Le dernier aspect solidaire qui nous permet de nous diffĂ©rencier de nos concurrents, c’est que les entreprises ou CSE qui passent par notre solution de chĂšque cadeau, Ă  la fin de l’annĂ©e, on fait les comptes et on dit “tant qui n’a pas Ă©tĂ© utilisĂ©â€ car sur le secteur de la carte cadeau, il y a le perdu-pĂ©rimĂ©, ce qui n’est pas utilisĂ© au bout d’un an, qui est expirĂ© n’est pas perdu pour tout le monde.

Et donc nous, on s’est dit ce qui n’a pas Ă©tĂ© perdu pour tout le monde, on le rend Ă  l’entreprise ou le CSE soit on leur propose de faire don de ce montant Ă  une association ou plusieurs de leur choix. On essaye de faire un cercle vertueux, les marges sont partagĂ©es.

Guillaume : Hyper clair, en fait c’est vrai que ce que tu dis, on a tous connu cette carte cadeau qu’on nous a offert, qu’on a pas utilisĂ© sur le moment, qui s’est mise dans un tiroir et qu’au final on a pas utilisĂ©. On la retrouve, elle est pĂ©rimĂ©e. C’est vrai qu’avec ce concept lĂ , au final quoi qu’il arrive cela ne sera pas perdu pour un des membres de cette chaĂźne.

Pauline : Exactement, pour certains CSE cela peut-ĂȘtre assez chouette de rĂ©cupĂ©rer ce montant perdu, parce que selon les budgets qu’ils ont, ça leur permet d’offrir plus l’annĂ©e suivante, si on fait un avoir. Mais ça peut leur permettre de renforcer leur dĂ©marche RSE  ( responsabilitĂ© sociale des entreprises). En se disant, avec ce qui n’a pas Ă©tĂ© utilisĂ©, on va soutenir telle association. Les CSE communiquent lĂ -dessus auprĂšs de leurs salariĂ©s et de leurs collaborateurs et ça fĂ©dĂšre aussi tout le monde dans l’entreprise. 

Guillaume : Bravo pour ce projet et de mener ça de front depuis quelques années. Cela a été fondé en 2018?

Pauline : ça fait 3 ans 

Guillaume : Raconte-nous un peu l’origine. Il y a eu un grand bouleversement de vos vies ! Vous avez cette idĂ©e, vous rentrez en France. Raconte-nous cette prise de risque.

Pauline : Le bouleversement est arrivĂ© un tout petit peu de temps avant de rentrer en France. Il est arrivĂ© au Canada, on avait deux petites filles et on attendait une troisiĂšme petite fille. Pierig qui avait beaucoup Ă©voluĂ© dans sa carriĂšre, je ne vais pas parler pour lui. Mais je peux quand mĂȘme dire qu’il avait besoin de sens, il avait beaucoup de qualitĂ©s, beaucoup de compĂ©tences mais il manquait de sens dans son travail. Donc il cherchait clairement Ă  entreprendre. Quand on a eu cette idĂ©e, je suis un peu un couteau suisse, je lui ai dit ok, je veux bien t’accompagner, si tu es d’accord pour qu’on travaille ensemble. 

J’avoue, je suis trĂšs admirative de Pierig et j’étais trĂšs contente de pouvoir  travailler avec lui parce que je le trouve trĂšs douĂ© et inspirant. Donc quand on a trouvĂ© cette idĂ©e, ça a fait sens tout de suite de se dire super on a enfin une idĂ©e et on va pouvoir faire quelque chose ensemble, en plus des enfants et construire quelque chose.

Guillaume : C’est joli comme tu parles de lui et je suis sĂ»re que si je l’avais eu, il aurait dit des choses bien en parlant de toi. Mais ça a l’air naturel comme tu le dis mais pourtant c’est ce qu’on se disait avant d’enregistrer. Moi j’en connais dans le monde start-up, il n’y a pas Ă©normĂ©ment des gens qui entreprennent en couple, en tout cas dans mon entourage proche j’en ai pas. 

Il y a des engagements quand on entreprend en couple. Déjà quand on entreprend tout seul, on ramÚne du boulot à la maison, alors quand on est deux , comment on arrive à gérer cette vie perso et pro ?

Pauline : Tu me parlais de bouleversement, effectivement le bouleversement il se fait Ă  ce moment : quand on se lance Ă  deux dans un mĂȘme projet commun. Parce qu’il y a un Ă©quilibre qui vient d’ĂȘtre un peu chamboulĂ©. 

Moi j’étais dĂ©jĂ  entrepreneur sur un autre secteur donc j’avais dĂ©jĂ  l’habitude de ramener du travail Ă  la maison et dans la sphĂšre privĂ©e. Pierig c’était pas vraiment le cas donc on a vraiment dĂ» s’ajuster pour continuer Ă  avoir un Ă©quilibre familial qui reste serein donc a mis un peu de rĂšgles en place, comme essayer de pas trop parler du travail surtout quand on est Ă  table avec les enfants, ni trop le week-end.

On a ces petites rĂšgles lĂ  mais aprĂšs il y a tellement de souplesses Ă  la fois, on a des intĂ©rĂȘts communs. C’est beaucoup plus facile en tant qu’associĂ© de prendre des dĂ©cisions quand on converge. C’est quelque chose qui fait sens, pour nous deux. On a la souplesse, quand on a une idĂ©e de parler, on partage Ă  l’autre de façon spontanĂ©e, ça fluidifie beaucoup les choses.

Guillaume : MĂȘme dans les moments tendus de prise de dĂ©cision, est-ce qu’on arrive Ă  faire la part des choses, entre je parle Ă  mon associĂ© ou je parle Ă  mon conjoint ?

Pauline : Oui, parce qu’on est tellement complĂ©mentaires mais trĂšs trĂšs diffĂ©rent on a pas la mĂȘme façon de travailler.

Moi je suis trĂšs scolaire et je travaille vite et beaucoup, je suis un peu besogneuse. Et Pierig, c’est quelqu’un qui a plus une vision Ă  long terme, qui arrive Ă  se projeter et donc on est trĂšs complĂ©mentaires lĂ  dessus. 

Moi quand j’ai la tĂȘte dans le guidon c’est lui qui me la relĂšve et qui me dit regarde “l’objectif c’est 6 mois, 1 an, 3 ans, c’est ça les objectifs” et on trĂšs trĂšs complĂ©mentaires sur ça. Et moi j’arrive Ă  gĂ©rer le quotidien de l’entreprise pour qu’on ne soit pas dĂ©bordĂ© donc on est trĂšs complĂ©mentaires. Il n’y a pas eu de prise de dĂ©cision difficile vraiment, pour l’instant.

Guillaume : Tant mieux, vu que vous ĂȘtes trĂšs complĂ©mentaires. J’imagine un peu la dĂ©limitation des rĂŽles de chacun au dĂ©marrage s’est faite de façon assez naturelle. Qu’est-ce que vous faites au dĂ©but, quand vous rentrez en France sur ce projet lĂ , les premiĂšres pistes que vous explorez !

Pauline : Donc on a Ă©tĂ© que tous les deux au dĂ©but, on a construit et imaginĂ© le site internet, la plateforme ensemble. On avait une grande table, on Ă©tait encore en location dans un Airbnb, des feuilles partout, des post-it partout. Ça on l’a fait ensemble et aprĂšs on s’est vite rĂ©parti les rĂŽles. 

PiĂ©rig a gĂ©rĂ© les parties prenantes, le dĂ©marchage des marques qui allaient ĂȘtre nos partenaires, des associations. Il a gĂ©rĂ© tout ce qui allait sortir de Hool.

Et moi, j’ai gĂ©rĂ© tout ce qui serait en interne : le produit, le site internet avec l’agence web avec qui on a travaillĂ© (plus le design, les aspects, les contenus). Donc, il y en a un qui est sorti de la sphĂšre qui est allĂ© s’ouvrir pour faire parler de nous, pour expliquer notre concept et un qui est restĂ© pour mettre en place le truc.

Guillaume : Ok, au final, c’est peut-ĂȘtre parce que j’ai une mĂ©connaissance du marchĂ©. Je vois ça comme un immense dĂ©fi que vous relevez de faire travailler le monde associatif avec le monde des grandes entreprises. Ça a Ă©tĂ© simple au dĂ©but ? Raconte-nous un peu les dĂ©buts.

Pauline : Pour moi, ce qui a Ă©tĂ© le plus difficile, c’était de formaliser, d’expliquer le concept. On a, je sais pas si je peux utiliser le terme “galĂ©rer” mais on a eu beaucoup de difficultĂ© Ă  Ă©crire, Ă  expliquer et Ă  faire de la pĂ©dagogie. 

Il a fallu faire de la pĂ©dagogie pour les associations, car elles ont mis longtemps Ă  comprendre que c’était pas leurs adhĂ©rents qui allaient donner 3% mais grĂące Ă  la commission qu’on avait nĂ©gociĂ© avec Carrefour, Decathlon, avec Cultura qu’on pouvait, nous, reverser ses 3% et que ça ne coĂ»tait rien aux adhĂ©rents.

On a encore des difficultĂ©s, c’est notre principal challenge. C’est de communiquer sur notre concept parce qu’en fait ça n’existe pas et donc lancer quelque chose qui n’existe pas, les associations ou mĂȘme les enseignes ne pouvaient se raccrocher Ă  rien. On ne pouvait pas leur dire, vous voyez on fait comme ça. C’est un truc qui existe au Canada mais en France ça n’existe pas. 

Guillaume : Vous deviez ĂȘtre encore plus frustrĂ©s parce que vous, c’était clair, vous l’aviez vĂ©cu lĂ -bas.

Pauline : Alors beaucoup ont demandĂ©, est-ce que c’est comme l’arrondi? C’est comme micro-don ? Quand on parle avec les gens, tout le monde a besoin de se raccrocher Ă  quelque chose qu’il connaĂźt. On travaille avec les assos mais notre modĂšle Ă©conomique n’est pas du tout le mĂȘme, Ă  chaque fois on doit faire de la pĂ©dagogie et c’est ce qui est le plus difficile. Dans notre support de communication, on a fait un petit film. On essaye de communiquer pour expliquer le concept, qui Ă©volue avec nous 

Guillaume : C’est normal, c’est une start-up ça reste jamais figĂ© ! On Ă©coute le marchĂ©, on s’adapte, on lance des nouvelles offres.

Pauline : On s’est aussi adaptĂ©s au marchĂ© français qui n’est pas du tout le mĂȘme qu’au Canada. Les associations ne fonctionnent pas pareil au Canada.

Guillaume : Il y a tout ce processus de formaliser un premier site avec tous les contenus qui vont autour, de travailler l’argumentaire commercial pour PiĂ©rig. 

Est-ce que tu te souviens de la premiĂšre fois oĂč ça y est ça fonctionne, il y a eu une confiance de la part d’un partenaire, d’une association qu’il y a eu ce premier matching.

Pauline : La premiĂšre fois oĂč je me suis dis ça y est ça va marcher c’était en juin/juillet, avant mĂȘme qu’on crĂ©e la sociĂ©tĂ©, quand on a eu le go de carrefour, notre premiĂšre enseigne donc en juin 2018. Je me suis dit « c’est bon on a rĂ©ussi Ă  convaincre une marque”.

Ça c’était le premier truc et aprĂšs quand on a eu les premiĂšres associations sur la plateforme, ça c’était en novembre 2018 Ă  peu prĂšs, un mois aprĂšs avoir ouvert le site. 

On a fait un gros travail pour qu’il y ait d’abord des associations sur la plateforme, les premiers projets qui se sont inscrits, qu’on a validĂ© dans le back-office, les visuels. C’était vraiment super chouette et on s’est dit cool, ça dĂ©marre, on a un produit. AprĂšs, Ă©videmment quand on a eu nos premiĂšres commandes au premier NoĂ«l.

Guillaume : J’imagine que c’est plus facile d’avoir des associations car elles vont avoir besoin de fonds que d’avoir des partenaires/des marques.

Pauline : Effectivement les associations c’est pas compliquĂ© puisque la dĂ©marche pour elle est assez simple parce qu’on demande juste que ce soit une association de loi 1901. Donc pour s’inscrire, ça reste assez fluide, on ne demande pas un paquet d’informations.

Guillaume : Tous types de projets sont acceptĂ©s ? 

Pauline : Oui totalement! Ils sont classĂ©s. Il y a humanitaire, solidaire, sport. Mais on demande que ce soit une association loi 1901, qu’ils aient un visuel sympa Ă  mettre sur notre site, qu’ils fassent un descriptif. VoilĂ , que ce soit une association dynamique. 

Nous, on fournit un support de communication Hool, comme ça ils peuvent l’envoyer Ă  tous leurs adhĂ©rents, Ă  toute leur communautĂ© pour communiquer sur le concept. 

AprĂšs, le fait d’avoir des marques sur le site. Parce qu’au dĂ©but les marques nous disaient on fait dĂ©jĂ  micro don, on fait dĂ©jĂ  l’arrondi, nos clients ils ne vont pas comprendre oĂč on se positionne. On a dĂ» vraiment dĂ©velopper un argumentaire pour les marques. Notre premier argumentaire c’était de dire : vous ĂȘtes Carrefour, vous ĂȘtes Decathlon, il y a plein d’associations qui, je suis sĂ»re qui vous contactent pour faire du sponsoring, pour faire du mĂ©cĂ©nat. Vous ne pouvez pas rĂ©pondre Ă  tout le monde, nous on vous propose de rĂ©pondre Ă  tout le monde en acceptant d’ĂȘtre prĂ©sent sur notre plateforme et ainsi chaque association pourra profiter de la commission que vous nous rĂ©trocĂ©dĂ©e et choisir la marque qu’ils prĂ©fĂšrent. 

Donc le but, ça a Ă©tĂ© d’avoir un catalogue trĂšs large pour que tout le monde trouve son bonheur. On essaye Ă©videmment d’avoir des grandes enseignes mais aussi des enseignes plus locales.

Guillaume : J’allais venir lĂ  dessus car depuis tout Ă  l’heure, on a parlĂ© que des Carrefours, des Fnac, des Cultura.

Une plus petite boĂźte qui a moins de 100 salariĂ©s, qui aurait envie de faire bĂ©nĂ©ficier Ă  ses salariĂ©s un chĂšque cadeau, c’est faisable. 

Pauline : Bien sĂ»r ! Dans les marques qui sont prĂ©sentes sur le site, on a mĂȘme des marques trĂšs locales comme Mon Petit Pain. C’est un site internet, elles sont deux fondatrices, elles ont une carte cadeau. Donc on leur a dit , allez-y il n’y a aucun problĂšme, vous allez ĂȘtre prĂ©sent sur notre site. 

On a des marques qui sont solidaires : WedressFair, Faguo, qui font de la mode un peu alternative. On adore, on est trĂšs content.

Mais nous, on a un client final qui sont les CSE et les entreprises qui elles, doivent rĂ©pondre aux exigences de tous leurs salariĂ©s, qui souhaitent voir un catalogue de 300 marques. Mais pour l’instant, on en est pas encore lĂ . Donc c’est notre principal objectif et notre challenge de cette annĂ©e. C’est de faire rentrer de plus en plus de partenaires, pour que tout le monde trouve son petit bonheur en allant sur notre site.

Guillaume : C’est vraiment la loi des marketplaces aussi, pour qu’il y ait beaucoup de demandes, il faut beaucoup d’offres. Au dĂ©marrage, c’est souvent compliquĂ©, c’est un peu l’Ɠuf ou la poule. Il faut bien rĂ©partir l’énergie qu’on met sur l’un et l’autre.

Pauline : Parfois il y a eu des petites frictions entre des associations qui nous disaient : “ nous on est pas trop d’accord”. Il y a des marques qui n’ont pas forcĂ©ment les mĂȘmes valeurs que nous, donc on ne veut pas ĂȘtre sur la plateforme. Donc nous on s’est dit, est-ce qu’on doit se limiter pour ĂȘtre en adĂ©quation avec les associations et leurs valeurs. Donc on s’est posĂ© pas mal de questions aussi. Il y aura certaines enseignes qu’on aura pas sur le site.

Guillaume : J’imagine que les boĂźtes de l’énergie qui n’est pas forcĂ©ment renouvelable, des Ă©nergies fossiles, des trucs comme ça, ça n’est pas acceptĂ© sur Hool. MĂȘme si c’est une opportunitĂ© d’affaire consĂ©quente.

Pauline : On se pose beaucoup de questions sur les valeurs qu’on a envie de transmettre aussi Ă  travers la plateforme. AprĂšs dans nos clients BtoB qui nous commandent des chĂšques cadeaux, on rentre dans la dĂ©marche RSE de nos clients. Pour nous c’est toujours bon qu’un client vienne prendre des chĂšques cadeaux solidaires et soutenir des associations plutĂŽt qu’il aille ailleurs.

Guillaume : ComplĂštement! Parfois ça peut ĂȘtre que le dĂ©but, que l’entreprise a eu passif, qu’elle n’a pas Ă©tĂ© trĂšs responsable par le passĂ©. C’est pas pour autant qu’elle n’a pas le droit d’essayer de faire des efforts dans le futur. 

Pauline : Vraiment ça reste un vrai atout pour une entreprise Ă  mon sens parce que les salariĂ©s se sentent impliquĂ©s dans la dĂ©marche solidaire et ça leur permet de donner un peu de sens Ă  leurs cadeaux de fin d’annĂ©e notamment. Ils reçoivent un chĂšque cadeau mais ce n’est pas juste pour eux. Ils vont pouvoir faire un don sans que cela ne leur coĂ»te, c’est trĂšs trĂšs apprĂ©ciĂ©. 

Guillaume :  Pour aller dans le concret : est-ce que tu as une trĂšs belle histoire Ă  nous raconter. J’imagine qu’il y a pleins de belles histoires et que c’est dur d’en ressortir une. 

Mais justement tout ce qu’à pu apporter le chùque cadeau Hool à une association.

Pauline : On a un des clients BtoB qui nous dit ok, on va passer par votre solution de chĂšque cadeau mais on voudrait inscrire deux associations, qu’on a particuliĂšrement envie de soutenir, qui vient de notre commune ou dans notre ville, ce sont des associations de Loire-Atlantique,  pour que nos salariĂ©s donnent Ă  ces associations. Et, ça a trĂšs bien fonctionnĂ©. 

Donc nous, c’était des associations qui ne connaissaient pas notre concept, qui ont dĂ©couvert le concept et qui se sont inscrites. Et, les salariĂ©s de l’entreprise se sont sentis impliquĂ©s parce qu’ils ont pu soutenir deux associations de leur rĂ©gion. 

C’est des associations qui n’ont pas forcĂ©ment des gros budgets, qui ont des projets; mĂȘme 500 ou 1 000 euros peuvent faire la diffĂ©rence. On a ces exemples lĂ . AprĂšs on a des toutes petites associations qui consistent juste en raid solidaire, lĂ  c’est des Ă©quipages Ă©tudiants et qui sont clairement Ă  1000 euros prĂšs , qui cherchent beaucoup de sponsoring. Donc avec une cagnotte Hool, elles ont pu partir, faire leur raid, elles ont communiquĂ© aprĂšs. Et, c’est trĂšs chouette. AprĂšs on a aussi des associations pour lesquelles notre contribution est symbolique parce qu’on est sur du microdon. Mais on se dit que chacun peut faire sa part.

Guillaume : A l’inverse tu as dit au dĂ©tour d’une phrase  « Maintenant on se concentre plus sur les CSE “, ça veut dire vous allez simplement itĂ©rer sur qui Ă©tait vĂ©ritablement votre cible. Est-ce qu’il y a eu des fails, des apprentissages particuliers sur la route, qui font que vous avez rĂ©ussi Ă  vous repositionner, Ă  affiner votre proposition de valeur ? Tu te souviens peut-ĂȘtre d’un Ă©chec ou un truc que vous avez tentĂ© ou qui a moins bien fonctionnĂ© ?

Pauline : On a eu des Ă©checs avec des associations qui se sont inscrites, pensant que la cagnotte tournerait toute seule, juste Ă  ce niveau lĂ . On leur a expliquĂ©, que si vous-mĂȘme vous ne testez pas le concept, vous n’en parlez pas Ă  votre communautĂ©, cela ne marchera pas. On est pas encore assez gros et les dons ne vont pas venir tout seul de la part des gens. C’est Ă  vous aussi de communiquer un peu pour vous mettre en avant , donc nous on a un vrai challenge sur ça. 

Donc je dois avouer que pour la communautĂ© des associations, on a maintenant une personne dĂ©diĂ©e dans l’équipe qui les appelle, leur explique, les relance, qui leur dit, si vous n’avez pas compris le concept, je vous rĂ©explique. Les deux premiĂšres annĂ©es, on ne pouvait pas faire l’accompagnement des associations, maintenant on y arrive, on est content. 

AprĂšs dans notre cible client, au dĂ©but on pensait juste faire du phoning, demander des bases de donnĂ©es, d’en acheter et d’appeler les entreprises, ça allait marcher. Et en fait, cette annĂ©e on s’est vraiment focalisĂ©s sur participer Ă  des salons, oĂč il y a des Ă©lus qui viennent en physique. Parce qu’on s’est rendu compte que c’est un marchĂ© oĂč le client a besoin de nous voir, a besoin qu’on lui explique ce qu’on fait , d’ĂȘtre rassurĂ©. 

Les personnes qui sont impliquĂ©es dans un CSE, sont Ă©lus, reprĂ©sentent 50, 100 voire plus de salariĂ©s donc prennent du temps Ă  dĂ©cider. Ce ne sont pas des contrats qu’on conclut en une fois au tĂ©lĂ©phone. Il y a des prĂ©sentations Ă  faire, beaucoup de rĂ©assurance “ne vous inquiĂ©tez pas, on protĂšge les donnĂ©es de vos utilisateurs”. Et ça, on travaille vraiment dessus cette annĂ©e , on met en place des rĂšgles RGPD pour vraiment rassurer nos clients finaux.

Guillaume : Toujours Ă  l’écoute du marchĂ©, de ses utilisateurs, de ses cibles. C’est aussi la base. Regarder ce qui fonctionne et amĂ©liorer c’est important et continuer d’innover en interne. Tout Ă  l’heure tu as fais un mini lapsus en parlant de chĂšque culture donc raconte nous, comment lĂ , vous ĂȘtes arrivĂ©s Ă  un moment assez mature pour vous dire on lance quelque chose de nouveau.

Pauline : Alors, je vais expliquer, le chĂšque cadeau de base est liĂ© Ă  des Ă©vĂ©nements URSSAF. Donc, c’est un produit qu’on ne va pas vendre toute l’annĂ©e mais surtout en fin d’annĂ©e. Nous on s’est dit que la saisonnalitĂ©, c’est sympa mais ce serait bien de ne pas trop la subir. 

Donc on s’est dit qu’on a une vocation solidaire, avec les deux annĂ©es de pandĂ©mie qu’on a vĂ©cu, la culture a clairement souffert du manque de loisirs, de sorties, d’activitĂ©s sociales oĂč l’on pouvait se retrouver. On s’est dit que c’était le moment de faire des chĂšques culture qui marcheraient toute l’annĂ©e, parce que ce n’est pas liĂ© Ă  un Ă©vĂ©nement URSSAF et les entreprises peuvent offrir un chĂšque culture Ă  tout moment Ă  leurs collaborateurs.

En plus, on a beaucoup de marques qui sont valables avec le chĂšque culture. On avait dĂ©jĂ  un panel de marques sympa Ă  proposer. Pour nos clients, nos grands comptes c’est un produit super sympa parce que ça peut inciter les collaborateurs, les salariĂ©s Ă  vraiment prendre soin d’eux, de leur vie privĂ©e, de s’épanouir. Et de mettre la culture au cƓur des relations avec leur entreprise car on est convaincu que c’est trĂšs important dans la vie privĂ©e, d’avoir des exutoires. Et la culture, et les enseignes culturelles que ce soient les librairies, les spectacles et les billetteries peuvent vraiment apporter ça et ça met vraiment du beurre dans les Ă©pinards dans le quotidien des gens.

Guillaume : Trop bien! Ça je crois que ça arrive fin juin ! Faudra surveiller le site de Hool et leurs rĂ©seaux sociaux pour en savoir plus. Je veux qu’on revienne sur cette fameuse notion d’impact. Tu l’as dit, c’est au cƓur de l’activitĂ© de l’entreprise, vous reversez 3 Ă  5% de votre CA (chiffre d’affaires) Ă  des associations, c’est au cƓur de l’ADN de Hool.  On a compris que c’était quelque chose qui vous animait, cette recherche de sens etc
. Ce que j’aimerai savoir parce que je n’arrive pas toujours Ă  bien le saisir c’est comment vous arrivez Ă  mesurer cet impact ? Je pose la question.

Pauline : Il y a une mesure qui est trĂšs facile, que tout le monde peut faire, c’est aller sur le site et compter la somme des cagnottes des associations. Donc nous on le voit de façon trĂšs concrĂšte comme ça. 

Mais ça va au-delĂ , nous on a un indicateur qui est assez parlant : notre rĂ©sultat net. En effet, on redistribue Ă  peu prĂšs exactement ce qu’on gagne. Quand on marge Ă  3% donc il y a 3% de marge qui va aux associations. Donc on est assez fiers d’avoir rĂ©ussi Ă  monter un concept qui reste vertueux , pour nous et nos salariĂ©s et pour les associations. 

Les autres mesures d’impact sont les associations. Il y a des associations qui ont des projets humanitaires, des associations qui ont des projets environnementaux, qui vont aider les personnes malades. Quand on va Ă  la rencontre des associations. C’est ce qu’on a commencĂ© cette annĂ©e, on va les interviewer, les voir, voir ce qu’ils font concrĂštement . 

C’est trop cool, parce que dans une association ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a des bĂ©nĂ©voles mais il y a forcĂ©ment une contrainte Ă©conomique Ă  un moment. Tout ne peut pas ĂȘtre fait par des bĂ©nĂ©voles et par des dons en nature. Il y a des besoins concrets de financement, j’ai Ă©tĂ© trĂ©soriĂšre d’associations, je connais ces problĂ©matiques lĂ . 

MalgrĂ© toute la bonne volontĂ© des gens, des adhĂ©rents, des bĂ©nĂ©voles d’associations, il y a toujours une contrainte financiĂšre. Donc si on peut lever un peu cette contrainte financiĂšre, pour permettre aux adhĂ©rents et aux membres d’associations de se concentrer sur leur projet Ă  eux, on sera ravis.

Guillaume : Je suis content qu’on fasse cet entretien ensemble. Il y a besoin de casser un peu ces croyances lĂ , que travailler avec une dĂ©marche solidaire, c’est ne pas ĂȘtre vertueux aussi, d’un point de vue entreprise. C’est marrant parce que mon tout premier Ă©pisode, c’Ă©tait avec LĂ©a Thomassin. En effet, Helloasso est un trĂšs bon exemple, vous en ĂȘtes un trĂšs bon exemple Ă©galement. Maintenant, l’étape d’aprĂšs, c’est comment on arrive Ă  faire que ce modĂšle lĂ  il grossisse ? Plus Hool aura de l’impact en grossissant. Comment on scale une start-up, une ESS ?

Pauline : Nous, on scale,  ça passe par du recrutement dans l’équipe commerciale. L’objectif c’est d’avoir beaucoup de commerciaux prĂ©sents sur tout le territoire, pour parler de nous et prĂ©senter notre concept aux entreprises qui ont dĂ©jĂ  une solution de chĂšque cadeau et qui ne connaissent pas la solution solidaire qui est la nĂŽtre. 

Donc c’est comme ça, qu’on peut scaler, ça va passer par du recrutement, augmenter notre nombre de clients et essayer d’aller chercher des grands comptes, c’est-Ă -dire plutĂŽt que d’avoir 10 entreprises de 10 salariĂ©s, on va aller chercher un gros, on va rĂ©pondre Ă  des appels d’offres oĂč ils sont 1000, 2000 salariĂ©s et tout de suite notre impact va ĂȘtre multipliĂ© d’un coup . Donc ça c’est la stratĂ©gie. 

On essaie vraiment d’amĂ©liorer le produit, donc on a derriĂšre des dĂ©veloppements techniques, dĂ©veloppements produits. On essaye d’automatiser la plateforme, ça passe vraiment par de la tech. 

On est aussi une entreprise qui est solidaire, sociale qui a de l’impact mais aussi on est trĂšs digital, il y a de la tech derriĂšre et essayer d’amĂ©liorer le produit pour qu’il soit le plus fluide possible et le plus sympa Ă  utiliser que ce soit pour les associations, les bĂ©nĂ©ficiaires de chĂšque cadeau et nos clients grands comptes.

Guillaume : Si on prend des choses de façon trĂšs pragmatiques , vous outillez, vous faites comment quand vous vous posez pour les rĂ©unions stratĂ©giques ? Comment cela se passe dans les coulisses de Hool ? 

Pauline : On fait des rĂ©unions mensuelles, on a pas la rĂ©unionite aiguĂ« non plus. On en fait quand c’est important. On adore impliquer tous nos collaborateurs, mĂȘme sur des sujets qui ne les concernent pas directement. Par exemple, quand on doit faire des affiches publicitaires, tout le monde doit proposer sa publicitĂ© et on trouve ça super chouette. 

AprĂšs concrĂštement, on Ă©change beaucoup  avec l’agence web avec qui on travaille pour amĂ©liorer le produit. On fait maintenant intervenir une agence de design parce qu’on a conscience que c’est nous qui avons dessinĂ© le site et pensĂ© le site avec Pierig et nous ne sommes pas dans ce domaine lĂ  Ă  la base. 

Maintenant, on peut se permettre l’expertise de spĂ©cialistes et on est trĂšs trĂšs contents parce qu’on pense que ça va ĂȘtre un plus pour tous nos bĂ©nĂ©ficiaires et toutes nos parties prenantes d’avoir un produit qui reste beaucoup plus fluide Ă  utiliser et pensĂ© Ă©galement pour l’utilisateur. 

Parce qu’on a construit quelque chose qui existait au Canada, il y a 3 ans et on l’a tellement fait Ă©voluer pour s’adapter au marchĂ© français, aux marques françaises et nos grands comptes. Donc ça c’est la stratĂ©gie.

AprĂšs on a effectivement de grosses ambitions de faire x10 cette annĂ©e par rapport Ă  l’annĂ©e derniĂšre et de faire toujours fois 10 les trois annĂ©es suivantes. Donc ça va passer par du recrutement , de l’automatisation, la mise en place de process et vraiment se structurer et Pierig est fait pour ça. Il arrive Ă  avoir la vision et penser Ă  la structure pour dans trois ans et c’est ce qu’il faut je pense. Il faut vraiment arriver Ă  anticiper ce qu’on veut faire dans trois ans, pour le mettre en place maintenant pour ĂȘtre prĂȘt. LĂ  on va exploser !

Guillaume : C’est tout ce que je souhaite trĂšs sincĂšrement, c’est cette fameuse feuille de route, roadmap, on l’appelle comme on veut, qui permet de voir au loin et qui permet de dĂ©couper tout ça par actions trĂšs concrĂštes au final. Tu le dis “ fois 10” c’est super beau comme objectif, ça va demander de l’investissement.

Pauline : ça demande l’investissement financier, ce qu’on a fait au premier semestre. On va refondre la plateforme et l’automatiser, donc travailler avec des nouveaux partenaires. Quand je dis automatiser, maintenant quand quelqu’un commande une carte, elle peut la recevoir instantanĂ©ment et cela a des coĂ»ts. Il y a beaucoup de dĂ©veloppements technologiques derriĂšre, qu’on ne pouvait pas se permettre de faire il y a 3 ans et maintenant grĂące Ă  notre exercice de l’annĂ©e derniĂšre, on peut. 

Et c’est ce qui va nous permettre de faire fois 10 et de supporter le volume d’activitĂ© qui va arriver. On aurait pas pu, si on avait pas automatisĂ© la plateforme. C’est de l’investissement financier mais le ROI (Retour sur Investissement) sera visible dĂšs cette annĂ©e.

Guillaume :  Mais c’est important de dire qu’ au bout de 3 ans vous pouvez avoir les moyens de vos ambitions, j’ai envie de dire. C’est ok pour tous les entrepreneurs en dĂ©marrage qui nous Ă©couteraient de sentir ces moments de galĂšre presque des trois premiĂšres annĂ©es.

Pauline : Moi j’ai eu des grands moments de frustrations “ça ne va pas notre UX sur le site, il n’est pas pensĂ©, il n’est pas design, c’est pas joli, j’aime pas”. Mais en fait, PiĂ©rig me rassurait en me disant “ pour l’instant on a un produit qui marche , il est pas magnifique mais il marche”. 

Le tout, quand on parle de proof of concept, au dĂ©but, il faut s’assurer que quand on a le client en face, il faut s’assurer que le produit est prĂȘt pour le marchĂ© et essayer de pas investir trop si on est mĂȘme pas sĂ»rs que le produit trouvera son client. 

Nous, la premiĂšre annĂ©e voire les deux premiĂšres annĂ©es, on s’est dit on doit trouver notre client et on va revoir aprĂšs notre offre . Quand on aura trouvĂ© notre client, on peut rĂ©adapter notre produit et rĂ©investir et c’est ce qu’on fait cette annĂ©e. Cette annĂ©e on est Ă  fond pour amĂ©liorer notre produit parce que maintenant on connaĂźt notre client.

Guillaume : Donc on aura une Pauline un peu moins frustrĂ©e l’annĂ©e prochaine et l’annĂ©e encore aprĂšs. 

Pauline : Beaucoup moins frustrĂ© et surtout aussi on est trĂšs content parce que c’est la premiĂšre annĂ©e, on va pouvoir recruter des CDI pour nous accompagner. Depuis l’annĂ©e derniĂšre, on a une troisiĂšme personne qui nous accompagne, HĂ©loĂŻse, qui nous aide beaucoup. 

C’est trĂšs bien d’avoir des ressources qui vont venir enrichir nos connaissances Ă  nous, nos compĂ©tences. Puisqu’on a pas toutes les compĂ©tences dans une entreprise. On a beau ĂȘtre entrepreneur, on ne sait pas tout faire. Et surtout aussi nous ouvrir Ă  d’autres façons de travailler, d’autres façons de penser et d’autres façons de voir le produit et ça l’enrichit beaucoup et donc on est trĂšs content de pouvoir recruter.

Guillaume : Le dernier truc que tu as appris en tant qu’ entrepreneure. C’est qui est important aussi, c’est que quand on fait des choses , on prend un peu moins de temps Ă  investir sur soi, malgrĂ© tout c’est hyper important. Y a t-il une thĂ©matique que tu creuses en ce moment, ça peut ĂȘtre la partie produit ou autre ? 

Pauline : La patience et garder confiance parce que je suis assez influençable et j’écoute beaucoup ce qu’on me dit et tout de suite je vais me dire “je vais faire le produit comme ça” et si quelqu’un me dit “tu ne ferais pas ça comme ça “, je remets tout en question. 

Donc ça, c’est une erreur, c’est mon principal dĂ©faut donc j’essaye de vraiment d’y travailler, de me dire l’avis des autres c’est trĂšs important mais moi j’ai une vision et aprĂšs c’est nous qui avons pensĂ© le truc. Donc je peux tenir compte de l’avis des autres mais il ne faut pas que ça chamboule tout ce que je voulais faire.

Guillaume : Comment on sait qu’une personne nous dit quelque chose qui est une bonne critique ou alors c’est une critique qu’il faut oublier ?

Pauline : C’est une critique dont il faut toujours tenir compte mais il faut se dire que quand on reçoit une critique d’un client final ou quelqu’un qui va voir notre site, il n’a pas forcĂ©ment la big picture. 

Lui il va voir les choses par son prisme, en tant qu’enseigne, client ou encore en tant qu’association. Ils ont leur prisme et leur intĂ©rĂȘt. 

Alors que moi finalement, j’essaye de combiner tous ses intĂ©rĂȘts et donc Ă©videmment on doit composer : on a pas une plateforme qui est que pour les associations, que pour les professionnels et donc c’est lĂ  que je sais qu’il faut que je me fasse plus confiance

Guillaume : C’est ce qui a changĂ© de lancĂ©e, tu as dit que tu Ă©tais entrepreneure avant. Ça change quoi d’ĂȘtre entrepreneure ?

Pauline : D’ĂȘtre entrepreneure et crĂ©er une entreprise ça change. LĂ  nous sommes une dizaine chez Hool et du coup c’est le management. Moi j’étais entrepreneur, j’étais toute seule, c’est pas du tout pareil. Maintenant on est une Ă©quipe et ça s’apprend tous les jours d’ĂȘtre manager et c’est un vrai challenge !

Guillaume : Je te crois et je sais. Tu as dit qu’au tout dĂ©but, vous aviez Ă©normĂ©ment voyagĂ©. Qu’est-ce que ces voyages, ces expĂ©riences t’ont apportĂ© dans ta posture aujourd’hui ?

Pauline : La façon d’envisager le travail, la vie professionnelle, ça nous a ouvert sur ce qu’on avait envie de faire de notre vie. On a voyagĂ© en Asie d’abord, on a vĂ©cu en Malaisie, les cultures sont diffĂ©rentes. Il y a trois cultures qui vivent ensemble : la culture chinoise, la culture musulmane et la culture indienne. Ils apprennent vraiment Ă  composer en fonction de quels sont leurs interlocuteurs. 

Donc nous on a beaucoup appris lĂ -bas. Ensuite on est partis vivre au Maroc oĂč moi j’ai dĂ©couvert qu’il n’y avait pas que le travail dans la vie, que c’était super cool de pouvoir faire du surf et profiter d’un pays dans lequel on est, pour le visiter, avoir du temps libre. Et c’est lĂ  que je me suis dit, mon travail il faut que ça me plaise, que ce soit trĂšs important et il faut que ça me permette d’ĂȘtre trĂšs souple.

Parce que dans ma vie, dĂšs maintenant, dĂšs 30 ans, dĂšs 35 ans, j’ai envie de profiter d’autres choses de la vie, que la vie peut nous offrir et de ne pas attendre la retraite ou je ne sais quoi . Et du coup vivre dans un pays oĂč il fait trĂšs bon vivre et on a envie de faire plein de loisirs . Je me suis dis qu’est-ce que je vais trouver comme activitĂ© professionnelle qui va me permettre de concilier les loisirs, les enfants Ă©videmment et le couple.

Guillaume : Je peux qu’approuver ce message, aprĂšs avoir eu AnaĂŻtta dans le podcast oĂč elle a terminĂ© en disant “chaque jour compte” pour ĂȘtre trĂšs cru Ă  la fin “on meurt quand mĂȘme”

Pauline : Effectivement, on s’enrichit de nos loisirs que ce soit du sport, de la couture, des travaux manuels etc


Guillaume : Tu as parlé de surf, tu as des rÚgles de vie, des routines, des trucs qui font que tu es plus équilibré ?

Pauline : Presque du sport tous les jours, j’essaye de faire du sport tous les jours, oĂč une activitĂ© pour moi tous les jours. Je mets un peu de loisirs chaque jour dans ma vie mais du coup je ne suis pas en train de me dire “quand est-ce que je vais ĂȘtre en vacances ou quand est-ce que je vais ĂȘtre en week-end’. Parce que tous les jours, j’ai mon petit bonheur. 

J’espĂšre et je serais ravie si parmi nos collaborateurs chez Hool, on arrive aussi Ă  mettre ces petites graines lĂ . Vraiment que les gens soient contents de venir travailler, qu’ils n’aient pas hĂąte forcĂ©ment d’ĂȘtre en vacances parce que le boulot ça leur plaĂźt, qu’ils font quelque chose de sympa la journĂ©e mais qu’ils trouvent toujours le temps de faire des choses pour eux et de s’épanouir dans la vie privĂ©e, c’est vraiment trĂšs important pour ĂȘtre bien au travail. 

Donc moi c’est le sport et la musique et les enfants, pleins de trucs.

Guillaume : Trop bien, c’est quoi le meilleur conseil qu’on t’ait donnĂ© ou que tu aies reçu durant tout ce parcours lĂ  que tu gardes un peu avec toi oĂč qui a Ă©tĂ© un mantra, quelque chose qui t’ait inspirĂ© 

Pauline : C’est PiĂ©rig qui m’a donnĂ© ce conseil, essayer de toujours penser comme je vais pouvoir dĂ©lĂ©guer et plus faire tout moi-mĂȘme. On est pas surhumains, on a pas des super pouvoirs et transmettre ce qu’on fait pour que d’autres personnes le fassent Ă  notre place ou avec nous. ça nous permet nous de nous concentrer sur autre chose. 

Donc moi c’est d’apprendre Ă  dĂ©lĂ©guer; ça fait pas longtemps que je le fais, ça doit faire 6 mois et c’est trĂšs confortable. J’aurais dĂ» le faire bien avant.

Guillaume : Mine de rien c’est un don que tu fais Ă  quelqu’un d’autre, partager son expĂ©rience. je te remercie de l’avoir fait lĂ  sur le podcast, on arrive tranquillement vers la fin. Je constitue une petite bibliothĂšque des invitĂ©s du podcast, est-ce qu’il y a un livre rĂ©cent ou pas, qui a Ă©tĂ© fondateur pour toi, c’est pas seulement que business.

Pauline : J’avais beaucoup aimĂ© le petit manifeste de rĂ©sistance contemporaine de Cyril Dion. Ce que j’ai adorĂ© c’est que c’est accessible, c’est pas utopique, c’est pas idĂ©aliste ni moralisateur. Il met bien en avant que tout le monde peut contribuer et que c’est important. Le ton est alarmiste parce qu’il y a vraiment une urgence mais il n’est pas moralisateur et ça c’est trĂšs agrĂ©able. S’il faut s’impliquer pour l’écologie ou les problĂšmes de sociĂ©tĂ©, il faut le faire parce qu’on a envie et pas parce qu’on a peur.

Guillaume : Faut s’accrocher sur les 15/20 premiĂšres pages 

Pauline : Ça se lit vite, j’aime les livres qui se lisent vite, que ça aille vite à la fin et à l’essentiel

Guillaume : TrÚs bien on va conclure avec ça, trÚs bien, je te remercie infiniment Pauline

pour tous ces partages

Pauline : Merci pour ton invitation Guillaume 

Pour écouter le podcast sur les différentes plateformes :